Comme toutes les maisons de retraite accueillant des personnes dépendantes, l’EHPAD public « Le Grand Pré » à Alboussière a signé une convention tripartite Cantou avec l’État et le Conseil départemental. À ce titre, elle accueille toutes les dépendances médicalisées à 100 % depuis 2002, même les personnes désorientées, mais ne dispose pas d’unités protégées pour les malades atteints d’Alzheimer.
Un brin d’histoire
C’est dans les années 80 que les conseils municipaux d’Alboussière, Boffres, Saint-Sylvestre et Champis se constituent en syndicat de communes. Ils s’engagent alors dans un projet de résidence pour personnes âgées afin de répondre à des besoins repérés dans un secteur rural dépourvu de structure de ce type. En 1985, un foyer logement est construit via une société HLM pour l’accueil de 60 places sur deux étages, en studios de 20 m², dont 20 places au rez-de-chaussée pouvant être médicalisées. En 2002, la première convention tripartite est signée entre la DDASS, le Conseil départemental et l’établissement qui se transforme alors en structure médicalisée et devient en conséquence un EHPAD. Le personnel de l’établissement est ainsi renforcé, notamment le personnel médical. En 2003, le Centre intercommunal d’action sociale engage l’acte de rachat de la structure aux HLM et devient propriétaire des murs. En 2006, des travaux de mise aux normes architecturales et de sécurité se déroulent sur l’ensemble de l’année, pour offrir plus de confort aux résidents et les accueillir dans des conditions plus adaptées aux problématiques liées à la dépendance. En 2008, la deuxième convention tripartite est signée pour accompagner le développement de la structure et permettre de nouveaux postes : psychologue, infirmier coordinateur, du temps d’aide soignante, du temps administratif. En 2016, l’établissement est en cours de signature de la troisième convention tripartite avec comme enjeux la mise aux normes accessibilité et l’amélioration du confort des résidents.
L’animation : une activité à plein-temps
La moyenne d’âge de la Résidence du Grand Pré se situe à 83 ans, de 65 ans à la doyenne, Dina Depra, 106 ans. L’encadrement médical de ces 60 résidents, dont 43 femmes, repose sur une moyenne de 55/60 salariés à l’année.
Dans le cadre de la dernière convention tripartite de 2002, l’embauche d’une responsable d’animation s’est imposée. Catherine Chevillon possède depuis 2006 le Brevet d’État d’animateur technicien de l’éducation populaire et de la jeunesse (BEATEP) niveau IV. Elle coordonne, avec deux aides-soignants, toutes les animations et conçoit les nouveaux projets adaptés. « Mon choix, explique Catherine Chevillon, s’est porté sur le public des personnes âgées suite aux souhaits du département de l’Ardèche de mettre en place des projets d’animations thérapeutiques. Des activités physiques adaptées ont ainsi vu le jour et se développent de manière conséquente. »
Besoin de bénévoles pour l’animation
Pour organiser, gérer, encadrer, une Amicale a vu le jour en 1985. Après une mise en sommeil, elle renaît en 2002 grâce à l’impulsion de sa présidente Simone Munier. Depuis, Alain Durand, de Boffres, dirige l’association dont Catherine Chevillon tient le poste de trésorière depuis 5 ans. « Nous souffrons d’un réel manque de bénévoles pour porter tous les projets et aider à l’animation », précise Catherine Chevillon. L’appel est donc lancé auprès des citoyens des quatre communes, des familles de résidents et auprès de tous les volontaires qui souhaitent apporter de leur temps et leurs compétences au bien-être des personnes âgées.
Le 16 décembre a été inauguré un minibus flambant neuf grâce aux membres du Lions Club de Saint-Péray/Guilherand-Granges, principal financeur. Un équipement qui va permettre de proposer de nouvelles perspectives aux résidents.
Les activités proposées en 2016 ont été : lecture, petite chorale, chants, tai chi et Qi Gong, tricot, petit bac, ateliers mémoire, gym douce, bibliothèque, scrabble et même escrime « gestuelle » au fleuret. À cet égard, l’EHPAD a signé un partenariat avec le Cercle d’escrime rhodanien de Bourg-lès-Valence. Les séances sont ainsi encadrées par Anna Julian, maître d’armes. Les autres activités physiques proposées sont adaptées et un autre partenariat a été signé avec le comité handisport de l’Ardèche situé à Guilherand-Granges. Ces activités sont ainsi encadrées par une éducatrice spécialisée, Fiona, une aide-soignante, et l’animatrice Catherine Chevillon. On retrouve tir à l’arc, bowling, boccia (pétanque en salle), sarbacane, jeux de coordination avec ballons.
Nous recherchons d’autres sources de financement pour étoffer la zoothérapie qui coûte à l’Amicale 100 € de l’heure. Les résultats obtenus auprès des résidents qui ne communiquent quasiment plus s’apparentent à des miracles, explique Catherine Chevillon. Enfin, La Tribu, centre de loisirs d’Alboussière, a créé des jeux récréatifs avec des enfants de 4 à 9 ans.
De nouvelles perspectives
C’est avec une certaine fierté que Catherine Chevillon et Sylvain Guillaume, directeur de l’établissement, ont inauguré vendredi 16 décembre à 11 h, le minibus multi-aménagé pour l’organisation de sorties et excursions déjà réalisées et à prévoir pour l’année à venir. 24 escapades ont eu lieu en 2016 avec un véhicule loué.
Le Lions Club de Saint-Péray/Guillerand-Granges, associé à d’autres partenaires, a financé ce véhicule en octobre dernier à hauteur de 10 000 €. Il permet le transport de 9 personnes avec ou sans fauteuil roulant selon l’aménagement, dont 3 accompagnants. Parmi les premières sorties réalisées avec ce véhicule, celle du 22 octobre pour la visite d’une ferme à Boffres, le 8 novembre pour le Musée de la laine à Saint-Péville, ou encore les 13 et 22 décembre pour aller voir les décorations et illuminations à Boucieu-le-Roi, Valence et Tain.
Est prévue, à moyen terme, l’organisation d’excursions hebdomadaires, notamment pour les personnes dépendantes qui n’ont pas l’habitude de sortir. Sylvain Guillaume précise que ces sorties nécessiteront des adaptations du travail du personnel concerné, mais que la pénibilité des tâches sera atténuée par le recours à un matériel adapté toujours disponible.
« Ces promenades en dehors de l’établissement sont très enrichissantes pour les résidents, explique Catherine Chevillon. Elles sont soigneusement préparées par le personnel accompagnant. Il s’agit d’un véritable élément de projet de vie qui permet le développement de la vie sociale et culturelle des résidents, en renforçant l’autonomie et la responsabilisation, par le changement de rythme et d’habitudes. Ainsi, les personnes âgées perçoivent positivement leur quotidien. »
l’Hebdo de l’Ardèche • 15 décembre 2016
